LA MEDITATION KARMIQUE                          


 

Depuis que le yoga s'est installé en occident, et que la méditation (notamment grâce aux apports de la diaspora tibétaine) a franchi la porte de nos hôpitaux, il est beaucoup question de méditation.

On trouve en fait plusieurs sortes de méditations et de nombreuses méthodes, mais selon la pensée indienne, il y a fondamentalement deux étapes :

  • l’une qui est un apprentissage de la concentration et de l'observation, une "domestication" du mental, c’est le dharana des hindous - ou le samatha des boudhistes,
     
  • puis l’autre qui est observation et pure attention, la méditation sans forme et sans objet, dhyana chez les hindous, vipassana chez les bouddhistes, quintescence de la présence, kumbhaka mentale et voie d'accès au samadhi.

 

 

Quel est le but de la méditation ?


 

Les rishis (anciens sages de l'Inde) avaient conscience des limites imposées par le langage.

Mais leur conception métaphysique du monde étant incompatible avec les limitations imposées par le langage et le système sensoriel, alors comment la transmettre?

La "vision" humaine est en deux dimensions : espace et temps. Elle permet de percevoir le visible, mais pour percevoir l'invisible, ce qui est meta-physique notamment, il faut un troisième oeil, une troisième dimension.

La conscience qui intègre cette troisième dimension ne peut pas s'appuyer sur le langage et a donc besoin d'un autre outil qui ne peut se créer qu'en marge, dans une pensée non-verbale (et éventuellement non-figurative).

La conscience individuelle ordinaire - et donc le mental - est basée sur la pensée, qui est le fruit du langage, la conscience paradoxale (on devrait plutôt dire metadoxale) qui la transcende est aussi basée sur la pensée, car l'homme est un être de pensée, mais au-delà du langage.

Penser sans le langage (et donc rester pensant, donc humain) c'est précisément le but de la méditation, non seulement pour pacifier le mental et s'ouvrir à des perceptions d'un autre ordre, mais aussi pour limiter la prolifération des vasanas qui participent à la production d'agami karma et ainsi se diriger vers MOKSHA, que nous allons évoquer par la suite.

La pensée non verbale est donc le premier pas vers la méditation et vers une conscience dé-polluée d'un certain mental et de tous les vasanas qu’il véhicule (les vasanas sont les manifestations actualisées des samskaras, les impressions mémorisées lors de nos échanges émotionnels avec la vie).

Mais la pensée non verbale est encore une étape vers la pensée immobile, qui est à proprement parler la condition nécessaire pour réaliser la pleine conscience.

Le but de la méditation n'est donc pas d'arrêter de penser, mais de tendre vers le point où la pensée est immobile, en état de veille, de présence, d'observation et d'écoute.

 

Quel est le but de la méditation karmique?


 

La méditation karmique est une forme de méditation qui ne se limite pas à transcender la pensée par une présence à la conscience, mais y associe la transparence causale (anagami ou libération des liens).

C'est un développement de l'observation silencieuse et paisible des processus karmiques dans leur manifestation.

Cela implique un engagement et une intention : celle de sortir des automatismes, du conditionnement et du brouillard de la pensée dévorante pour être le seul conducteur de sa vie en toute présence, lucidité et indépendance.

Cette indépendance, cette liberté souveraine, ne peut se faire sans avoir préalablement  développé la pensée immobile qui est elle-même le meilleur antidote contre la manipulation par autrui.

In fine, le but de la méditation karmique est la conscience claire des processus karmiques en cours pour se libérer des influences parasites et manifester le dharma.

 

 

 

Page suivante >>

 Envoyer à un ami 

 

 

En collaboration avec les sites